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Reportage international - L'Autriche s'interroge sur les symboles de son passé antisémite

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Le mouvement Black Lives Matter conduit, partout dans le monde, au déboulonnage des statues de personnalités jugées polémiques. L’Autriche n’y échappe pas. Mais ici, le débat porte sur le passé antisémite du pays.

La statue de Karl Lueger, qui trône en plein Vienne, a ainsi été recouverte de rouge dans la nuit du 18 au 19 juin et certains demandent aujourd’hui son retrait, car elle honore un maire qui marqua la ville de Vienne mais qui fut aussi antisémite. 

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Reportage international - Taïwan soutient les militants hongkongais contre la loi sur la sécurité imposée par Pékin

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La loi sur la sécurité imposée par Pékin à Hong Kong pousse une partie des militants à réfléchir à une porte de sortie. Certains pays n'ont pas attendu pour leur tendre la main. C’est le cas de Taïwan, la dernière démocratie du monde chinois qui reste sous la menace de Pékin. Ce mercredi 1er juillet, le gouvernement taïwanais a ouvert un bureau pour accompagner les candidats hongkongais à l’exil. 

Dans le sud de Taipei, les murs de ce petit café sont couverts d’affiches de soutien à Hong Kong. L’événement du jour est organisé par un collectif de Hongkongais résidant à Taïwan. Casquette vissée sur le crâne et masque chirurgical, cet étudiant hongkongais de 20 ans dit avoir participé aux manifestations.

Souhaitant rester anonyme, il explique ses motivations. « Je participe à cet événement parce que récemment, on a constaté que certains Taïwanais avaient peur que davantage de Hongkongais viennent à Taïwan. Je veux montrer que les Hongkongais qui arrivent ici veulent non seulement prendre part à la société, mais aussi partager leur expérience avec les Taïwanais. On a beaucoup de convictions en commun, donc on doit s’entraider », soutient-il.

Taïwan est revendiqué par la Chine, mais son système autonome et démocratique échappe au contrôle de Pékin. Depuis les premières manifestations, le nombre de titres de séjour accordé aux Hongkongais a donc grimpé en flèche. La nouvelle loi sur la sécurité pourrait amplifier ce mouvement.

Ce jeune étudiant réfléchit, lui aussi, à prolonger son séjour. « Si la situation à Hongkong s’aggrave, il y a évidemment plus de chance pour que je reste à Taïwan. Mais d’un autre côté, continuer à aller dans la rue, ça fait partie de mes responsabilités. Donc ce sont deux motivations qui me tirent en même temps », dit-il.

La société taïwanaise aux côtés des manifestants hongkongais

La société civile et le gouvernement taïwanais ont déjà aidé des centaines de manifestants hongkongais à se réfugier à Taïwan. Mais cette assistance restait discrète, par crainte des représailles du voisin communiste.

« Nous accompagnons des Hongkongais qui sont directement impliqués dans les manifestations contre la loi anti-extradition de 2019 », explique Lin Jun-hong, porte-parole d’un collectif d’aide juridique composé d’une trentaine d’avocats bénévoles. Puis de détailler : « Nous les aidons à s’installer et à démarrer en toute sécurité une nouvelle vie à Taïwan. Jusqu’à maintenant on pouvait compter sur les décisions du gouvernement au cas par cas pour accorder des visas, mais il n’y avait pas encore de procédure unique ».

► À lire aussi : Taïwan propose un plan d'action humanitaire pour venir en aide aux Hongkongais

Le gouvernement taïwanais a finalement décidé de sortir de l’ombre. Lundi 29 juin, les frontières ont été rouvertes aux Hongkongais menacés pour raisons politiques, et ce mercredi 1er juillet, le gouvernement a dévoilé un bureau d’accompagnement pour les expatriés hongkongais.

« Un soutien transpartisan pour Hongkong »

La nouvelle loi sur la sécurité a fait office de déclencheur pour Freddie Lim. Ce célèbre rockeur devenu député est à la tête d’un groupe parlementaire de soutien aux Hongkongais. « [La loi sur la sécurité] c’est vraiment un tournant qui a permis d’avoir à Taïwan un soutien transpartisan pour Hongkong. Avant cela, le gouvernement taïwanais avait toujours des excuses pour repousser l’annonce d’un plan officiel pour les réfugiés hongkongais. Mais maintenant, c’est vraiment le bon moment pour montrer que nous soutenons fermement les Hongkongais », dit Freddie Lim.

La réponse de la Chine ne s’est pas fait attendre. Pékin a immédiatement fustigé un complot entre les indépendantistes hongkongais et taïwanais. « La Chine a prouvé que la formule “un pays, deux systèmes” n’est pas faisable à Taïwan », a rétorqué la présidente taïwanaise.

► À écouter aussi : Hong Kong, la fin du double système ?

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Reportage international - Russie: la prochaine réforme de la Constitution divise l'opinion

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Vladimir Poutine, président à vie ? C’est en tous cas l’un des enjeux du scrutin qui s’achève aujourd’hui en Russie. Si elle est adoptée, la réforme de la Constitution permettra en effet à Vladimir Poutine de briguer deux nouveaux mandats et donc de rester au pouvoir jusqu'en 2036. Cette « remise à zéro » des compteurs n'a rien d'anormal pour les partisans du président russe. Pour l'opposition, il s'agit au contraire d'un véritable « coup d'Etat constitutionnel ».

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Reportage international - Les contrôles sur le pont de l’Oresund entre la Suède et le Danemark ralentissent le trafic

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Nous partons entre Suède et Danemark, et plus exactement sur ce bras de mer de seize kilomètres qui sépare les deux pays. Il y a vingt ans, le 1er juillet, un pont-tunnel était inauguré entre la ville suédoise de Malmö et la capitale danoise Copenhague. Vingt ans après, l’Oresund est toujours le seul lien physique entre la péninsule scandinave et le reste de l’Europe, mais il n’a pas tenu toutes ses promesses.

Pour ses vingt ans, coronavirus oblige, le pont de l’Oresund se contentera d’une vidéo de promotion. L’occasion de rappeler que son inauguration, le 1er juillet 2000, fut un événement. Il s’agissait alors de remplacer des ferries poussifs par une liaison express - vingt minutes en voiture, trente-cinq en train – qui permettrait de fusionner les deux villes de Malmö et Copenhague en une seule communauté. Seul problème, la politique s’en est mêlée, comme le constate le Danois Ture Ertmann, qui se déplace en train entre son travail à Copenhague et sa maison de Malmö, où il a déménagé il y a neuf ans :

« A l’époque c’est comme si la frontière n’existait pas. Mais depuis on a eu la crise migratoire de 2015, la Suède a alors décidé d’instaurer des contrôles. Et maintenant avec le coronavirus c’est le Danemark qui s’y met. On arrête le train, on vous dit de sortir sur le quai, vous montrez votre passeport et vous remontez dans le même train. Ça prend toujours au moins vingt minutes. »

Les contrôles se multiplient sur le pont, allongeant le temps de transit. Chaque année, cependant, sept millions de véhicules continuent de l’emprunter, comme dix à douze millions de passagers ferroviaires. Les habitants de Copenhague ont déménagé à Malmö, où l’immobilier est plus accessible. Ceux de Malmö, eux, se rendent à Copenhague pour travailler, faire du shopping, ou encore prendre l’avion. Pour Tue David Bak, directeur du Grand Copenhague, le forum politique où se retrouve les élus de la région, ceux-ci ont manifesté leur volonté d’union par des gestes spectaculaires…

« Concernant l’aéroport de Copenhague, il y a eu un accord parmi tous nos élus pour en faire l’aéroport international de toute la zone. C’est pour ça que cet aéroport est beaucoup plus grand que celui d’Arlanda à Stockholm, plus grand qu’il ne devrait être car nous avons utilisé toute notre énergie, pour privilégier un seul aéroport. »

Le pont-tunnel, qui dessert l’aéroport, est lui-même devenu le symbole de ce rapprochement grâce à la série télévisée du même nom - le Pont. Ce véritable thriller, où des policiers danois et suédois collaborent pour résoudre des crimes, a été diffusé avec succès dans une centaine de pays, mais pour Ture Ertmann, il est bien loin de la réalité que vivent tous les jours les habitants de l’Oresund :

« Je suis déçu. Les politiques se sont contentés de construire le pont mais vous devez aussi établir des règles, commencer une coopération. Sinon c’est juste un pont entre deux pays. »

Cela fait d’ailleurs plus de dix ans que le trafic sur le pont stagne, ou n’augmente que très peu.

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Reportage international - L’Italie étudie les conditions de reprise de la prochaine rentrée scolaire de septembre

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L’Italie, durement frappée par la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 34 600 morts, à ce jour, est l'un des rares pays en Europe à ne pas avoir rouvert les établissements scolaires fermés depuis le 5 mars. Finalement le gouvernement a fixé officiellement le 26 juin la date de la rentrée scolaire. Ce sera le 14 septembre. Mais dans quelles conditions ? Notre correspondante à Rome a suivi une des 60 manifestations organisées au niveau national par le Comité « Priorité à l’école ». Elle a rencontré des enseignants, des dirigeants scolaires, mais aussi des enfants, très préoccupés.

À Rome, c’est sur la Place San-Silvestro, à deux pas du siège du la présidence du Conseil, que les manifestants se sont rassemblés, pour exprimer leurs doutes sur la capacité du gouvernement à permettre aux huit millions d’élèves de retrouver, enfin, leurs enseignants en chair et os.

D’autant que l’école à distance n’a pas vraiment fonctionné : 42 % des familles des régions du sud, et 30% dans le reste du pays, ne sont pas équipées en ordinateur. Ce qui a creusé les inégalités sociales, constate Valentina Canavalle, enseignante d’histoire-géographie. « Les plus faibles ont été exclus. Ceux qui ne pouvaient pas y participer. Mais aussi ceux qui y ont participé et qui vivent dans un contexte socio-économique défavorable. Ils étaient présents mais c’est comme s’ils étaient absents ».

Pour la rentrée, l’enseignement en présentiel sera privilégié. Mais les cours en ligne seront partiellement poursuivis pour les lycéens. Il faudra respecter une distanciation physique d’un mètre entre chaque élève. Et, faute de place, au moins 15 % de ceux du primaire et du secondaire devront suivre les leçons hors de leur établissement. Mais où et comment ?

Écoutons la ministre de l’Éducation, Lucia Azzolina. « L’école a besoin de plus d’espaces. Avant tout, nous devons travailler sur les édifices qui existent. Mais nous organiserons les cours aussi en dehors de l’école. Dans les musées, les bibliothèques, les cinémas, les théâtres… »

Pour les divers investissements et le recrutement, sous contrat à durée déterminée, de 50 000 enseignants et aides maternelles le gouvernement débloquera un milliard d’euros qui s’ajoutera aux quatre milliards prévus dans les plans de relance du pays.

Mais ce n’est pas suffisant pour recruter 124 000 nouveaux enseignants nécessaires. Ni pour organiser autrement l’école en présentiel. Renata Puleo, dirigeante scolaire. « L’école est dans une situation très grave. On décharge sur les directeurs des établissements l’organisation de l’emploi du temps, des salles de classe et de la didactique. Malheureusement, en plus de trois mois, rien n’a été fait ».

Et cela inquiète même les enfants, comme Paolo, 11 ans :« Je ne sais pas si on rentrera en classe en septembre, il y a encore trop d’incertitudes. Cela me rend triste parce qu’on s’est rendu compte combien c’est beau l’école ! ».

Il reste peu de temps pour organiser le retour à l’école « dans une sécurité maximale » promet le Premier ministre, Giuseppe Conte.